Alençon expose ses souvenirs de feu

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Si certains d’entre vous ne l’ont pas connu, sachez qu’Alençon disposait jusqu’en 1981 d’un Musée du Poilu. Fermé en 1981, il était installé Maison d’Ozé et disposait d’un fond particulièrement riche, de nouveau visible jusqu’au 31 août au Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle.

Une année de commémorations

L'inauguration de l'exposition. Crédit photo : Ville d'Alençon.

L’inauguration de l’exposition. Crédit photo : Ville d’Alençon.

Nous ne vous ferons pas l’offense de vous rappeler qu’en cette année anniversaire, les commémorations ont lieu dans toute la France. Sachez néanmoins que 10 500 soldats natifs des terres ornaises restèrent sur les champs de bataille de la première guerre mondiale. Sans compter les blessés ! Un lourd tribut payé pour la France et qui justifie amplement la présence à l’inauguration de l’exposition, en plus de celle de Joaquim Pueyo (député-maire d’Alençon), de Patricia Adam, députée du Finistère mais également présidente de la commission de la Défense nationale et des forces armées.

Le Musée du Poilu

La Maison d'Ozé.

La Maison d’Ozé.

On le devait à Georges Lasseur, ancien du 103e Régiment d’Infanterie. Engagé en août 1914, blessé en février 1915, il participa à la campagne d’Italie en 1917-1918. Il reçut plusieurs « citations » et décida d’ouvrir un lieu de mémoire pour les régiments qui stationnèrent à Alençon.

Ce fut fait en 1931 à la Maison d’Ozé, un bâtiment construit au XVe siècle qui abrite aujourd’hui l’Office de tourisme. En plus des hommes tombés au front, c’est également à cette institution (fermé au moment du regroupement des collections dans un site unique au Musée de la Dentelle) que l’exposition rend hommage.

Les objets présentés

Uniforme de la Grande guerre. © Olivier Héron.

Uniforme de la Grande guerre. © Olivier Héron.

Toute une partie est consacrée aux objets de la guerre, ceux qui correspondent à notre imaginaire du « poilu ». Uniformes et armes sont sans doute les pièces les plus emblématiques. Vous verrez notamment une panoplie complète avec vareuse, pantalon rouge, casque, fusil, gamelle, pelle, pioche et la fameuse paire de pince pour couper les barbelés.

S’ajoutent des coupures de presse… mais également des enregistrements sonores.

Mais l’intime des soldats, aujourd’hui mieux connu grâce à la publication de livres comme Paroles de poilus, est également mis en avant, grâce notamment à la présentation de lettres et de photographies.

S’y ajoute tout un travail cartographique pour bien comprendre où et comment étaient stationnés les soldats. Parce qu’il s’agit de l’autre enjeu de cet évènement : le devoir de mémoire, certes, mais également l’importance de savoir situer la Grande guerre dans un ancrage local fort. Johanna Allouch, la directrice du Musée y a particulièrement veillé.

Un véritable cours d’histoire

Casque français. Photo Archives Ouest-France.

Casque français. Photo Archives Ouest-France.

C’est certainement le propre des commémorations : donner un écho à un passé pas si lointain pour ne pas l’oublier. Ces Alençonnais qui partirent au front et dont une grande partie ne revint jamais, vécurent l’un des épisodes les plus tragiques de notre histoire. L’exposition « Souvenirs de la génération du feu » leur redonne la parole. A nous de savoir les écouter. Plus qu’à une exposition, c’est à un véritable cours d’histoire que nous convie le Musée des beaux-Arts et de la Dentelle.

Vous avez donc jusqu’au 31 août pour découvrir cette collection exceptionnelle. Mais si vraiment vous laissez passer cette exposition, sachez qu’un catalogue va être publié.

 Musée des Beaux-arts et de la Dentelle d’Alençon
Cour carrée de la Dentelle
61 000 Alençon
T. 02 33 32 40 07
Fax 02 33 26 51 66
musee@ville-alencon.fr

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